AGIGA est une marketplace B2I française qui permet aux industriels de l’électronique de revendre leurs excédents de stock de composants et d’en acheter d’occasion jusqu’à 50 % moins cher que du neuf. La plateforme agiga.net connecte EMS, OEM, distributeurs et bureaux d’études autour d’un catalogue de 500 000 articles.
En bref
- Ce que c’est : plateforme d’économie circulaire B2I dédiée aux composants électroniques, créée en 2020 et basée à Villefranche-sur-Saône.
- Pour qui : industriels du secteur électronique (EMS, OEM, distributeurs, bureaux d’études) avec des excédents de stock ou des besoins d’approvisionnement.
- Promesse : rentabiliser jusqu’à 1 % du chiffre d’affaires via les excédents, et réduire les coûts d’achat de composants d’environ 50 %.
- Catalogue : 35 M€ de stock industriel référencé, 500 000 articles, 1,7 million de composants disponibles en semaine 40 de 2026.
Qu’est-ce qu’AGIGA
AGIGA est une marketplace B2I (Business to Industry) spécialisée dans la revente d’excédents de composants électroniques entre industriels. Le modèle est simple : les entreprises qui dorment sur du stock inutilisé le mettent en vente sur agiga.net, où d’autres industriels viennent se sourcer à prix réduit plutôt que de passer par les circuits de distribution classiques. L’objectif annoncé : empêcher la destruction de composants parfaitement fonctionnels.
L’entreprise a été fondée le 24 juin 2020, sous forme de SAS, avec le statut d’entreprise à mission. Son siège se trouve au 152 rue de la Paix, à Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône. L’équipe reste resserrée (moins de 20 salariés d’après son profil institutionnel), ce qui situe clairement AGIGA parmi les acteurs émergents de l’économie circulaire industrielle française, plutôt que parmi les gros distributeurs établis.
La cible est précise : industriels de l’électronique français et européens. Concrètement, les utilisateurs typiques sont des sous-traitants électroniques (EMS), des fabricants d’équipements (OEM), des distributeurs de composants et des bureaux d’études. Tous ont un point commun : ils accumulent des stocks dormants à chaque fin de série, chaque changement de référence, chaque annulation client. Ces excédents représentent une immobilisation financière qui finit souvent à la poubelle ou au recyclage DEEE.
En quoi AGIGA se distingue des autres marketplaces
Plusieurs marketplaces B2B de composants électroniques existent déjà sur le marché mondial (brokers, grossistes online, places anglo-saxonnes de surplus). La différence d’AGIGA tient à trois choses. D’abord, un ancrage européen et français, utile pour les acheteurs soumis à des exigences de souveraineté et de traçabilité. Ensuite, une logique d’économie circulaire assumée, pas juste un négoce opportuniste. Enfin, un positionnement affiché sur zéro réclamation à ce jour, selon les communications officielles de l’entreprise.
Comment fonctionne AGIGA

La plateforme AGIGA PLACE fonctionne comme n’importe quelle marketplace industrielle, avec un filtrage à l’entrée : seuls les professionnels du secteur sont admis. Pas d’accès grand public, pas de particuliers, pas de revendeurs non vérifiés. Cette barrière est volontaire : elle sécurise la qualité du catalogue et rassure les acheteurs sur l’origine des composants.
Inscription et accès à la plateforme
L’inscription se fait depuis agiga.net via un formulaire de candidature. L’entreprise renseigne son activité (EMS, OEM, distributeur, bureau d’études), son SIREN, ses coordonnées et son besoin principal (vendre, acheter, les deux). AGIGA vérifie ensuite l’éligibilité du demandeur avant d’ouvrir l’accès au catalogue complet. Comptez quelques jours ouvrés entre la demande et l’activation, selon la complexité du dossier. Les délais précis ne sont pas communiqués publiquement — mieux vaut interroger directement l’équipe.
Vendre ses excédents : les étapes concrètes
Pour un vendeur, le parcours tient en quatre temps :
- Préparer l’inventaire : extraire du système interne la liste des références en surstock avec quantités, numéros de lot, dates de fabrication et fiches techniques.
- Transmettre la stocklist à AGIGA, généralement sous format tableur, pour intégration au catalogue.
- Valider les prix de cession en fonction du marché et du type de composant.
- Préparer la logistique : conditionnement d’origine conservé si possible, étiquetage, documentation de traçabilité.
Une stocklist hebdomadaire est publiée par AGIGA pour signaler les nouvelles références. En semaine 40 de 2026, par exemple, 326 nouvelles références ont été ajoutées, portant le catalogue disponible à 1,7 million de composants pour environ 661 k€ de valeur valorisée.
Acheter des composants : recherche, filtres, conditions
Côté achat, l’interface permet de rechercher par référence constructeur, par famille (semi-conducteurs, passifs, connectique, relais, câbles…), par fabricant ou par quantité disponible. Les filtres techniques servent à qualifier le besoin : package, tolérance, température de fonctionnement. Pour chaque référence, l’acheteur voit la quantité disponible, le prix unitaire et les informations de traçabilité associées au lot.
Les conditions d’achat varient selon les lots : certains partent uniquement en gros (lot entier obligatoire), d’autres acceptent le détail. Les acheteurs industriels devraient systématiquement demander la fiche de conformité RoHS et, si applicable, la documentation de marquage CE, le certificat d’origine et le rapport de test de fonctionnalité quand il existe. Un composant d’occasion qui n’a pas été requalifié ne vaut pas un composant testé — la différence de prix doit refléter cette différence de garantie.
Paiement et logistique
AGIGA agit en intermédiaire : les transactions passent par la plateforme, ce qui sécurise les flux financiers entre vendeur et acheteur. Les modalités précises (virement, délai, commission prélevée) ne sont pas détaillées publiquement et dépendent du profil de chaque entreprise. La logistique reverse — emballage, expédition, assurance transport — est à discuter au cas par cas. Pour un lot de forte valeur, prévoyez une assurance ad valorem spécifique et un transporteur habitué aux composants électroniques (manutention antistatique, hygrométrie contrôlée pour les composants MSD).
Avantages économiques et environnementaux

Le pitch commercial d’AGIGA repose sur deux chiffres : 50 % d’économies pour les acheteurs, 1 % de chiffre d’affaires rentabilisé pour les vendeurs. Ces ordres de grandeur méritent qu’on les décompose, parce que c’est là que se joue l’intérêt réel du dispositif.
D’où viennent les 50 % de réduction côté acheteur
Un composant d’occasion ou de surplus n’a pas la même structure de prix qu’un composant neuf acheté chez un distributeur agréé. Le vendeur a déjà amorti son achat initial (il voulait de toute façon s’en débarrasser), il n’y a pas de marge de distribution classique, et il n’y a pas de prime à la rareté quand le marché est tendu. L’économie de 50 % correspond donc à la somme de ces écarts : marge distributeur économisée, prix d’achat réduit chez le vendeur, et évitement du surcoût de pénurie. Sur des références en allocation ou en obsolescence, l’écart peut être encore plus marqué.
Les 1 % de CA récupérés côté vendeur
Un industriel de l’électronique dort en moyenne sur l’équivalent de 1 % de son chiffre d’affaires en excédents. Pour un EMS qui facture 20 M€ par an, cela représente environ 200 k€ de stock immobilisé qui finirait détruit ou provisionné à zéro. Récupérer même la moitié de cette valeur via la revente change la donne comptable : la provision pour dépréciation diminue, la trésorerie remonte, et le résultat net s’améliore sans effort commercial supplémentaire.
L’impact environnemental
Chaque composant électronique revendu, c’est un composant qui n’est pas détruit ni envoyé en filière DEEE. L’empreinte carbone évitée est double : on ne fabrique pas un composant neuf pour le même usage, et on n’enclenche pas le processus de destruction/recyclage. À l’échelle du catalogue AGIGA — 35 M€ de stock référencé, 500 000 articles — l’effet cumulé devient significatif pour les engagements RSE des industriels participants. C’est aussi un argument de plus en plus demandé dans les appels d’offres publics et chez les donneurs d’ordres soumis à CSRD.
Valoriser les stocks dormants
Au-delà du cash récupéré, la revente libère de l’espace en entrepôt. Un mètre carré d’entreposage industriel coûte entre quelques dizaines et plus de cent euros par an selon la région et le niveau de contrôle environnemental exigé. Multiplié par la surface occupée par des cartons de références obsolètes, le coût caché du stockage finit par dépasser la valeur résiduelle du stock lui-même. Vendre vaut toujours mieux que garder « au cas où » indéfiniment.
Pour quels types d’entreprises AGIGA est-il pertinent
La plateforme vise d’abord les PME et ETI du secteur électronique. Ce sont elles qui subissent le plus les variations de carnet de commandes, les annulations client et les changements de BOM — autant de générateurs mécaniques d’excédents. Les grands groupes ont souvent leurs propres circuits internes de redistribution ; les très petites structures n’ont pas le volume de stock pour justifier l’effort d’inventaire. Entre les deux, AGIGA trouve son terrain naturel.
Les secteurs d’activité couverts par les acheteurs et vendeurs présents sur la plateforme sont larges :
- Industrie et énergie
- Automobile et équipementiers
- Défense et naval
- Médical et santé
- Éclairage et IoT
- Électronique grand public
- Ferroviaire et transport public
- Aéronautique et spatial
Cas d’usage typique n°1 : un EMS termine une série pour un client automobile, il reste 3 000 microcontrôleurs commandés sur prévision haute. Au lieu de les provisionner, il les met sur AGIGA et les récupère partiellement en cash. Cas n°2 : un bureau d’études cherche un composant en obsolescence pour maintenir un équipement industriel en production ; il trouve sur AGIGA le lot restant d’un autre industriel qui a changé de design. Dans les deux cas, la plateforme résout un problème que le marché classique ne traite pas correctement.
Critères d’éligibilité
AGIGA privilégie les professionnels basés en France et plus largement en Europe, dans une logique de souveraineté industrielle européenne. Il n’y a pas de taille minimale communiquée, mais l’enjeu pratique est le volume : en dessous de quelques milliers d’euros de stock à mettre en vente, l’effort administratif ne vaut probablement pas la peine pour le vendeur. Côté acheteur, aucun seuil : même un bureau d’études qui cherche une référence précise peut sourcer sur la plateforme.
Comparaison avec les autres solutions de gestion d’excédents
Face à un surstock, un industriel a historiquement quatre options. AGIGA n’est qu’une d’entre elles, et le bon réflexe est de comparer les coûts réels de chacune avant d’arbitrer.
Option 1 : la destruction via filière DEEE
Solution par défaut quand personne ne s’occupe du dossier. Elle a un coût direct (prestataire DEEE, transport, bordereau de suivi des déchets) et un coût d’opportunité énorme : le stock disparaît sans contrepartie. S’ajoute l’impact RSE négatif, de plus en plus visible dans les reportings extra-financiers. Pour tout stock encore commercialisable, la destruction est le pire choix économique possible.
Option 2 : la revente à un distributeur B2B classique
Simple mais peu rémunérateur. Le distributeur rachète au prix du marché gris, souvent 10 à 20 % de la valeur neuve, parce qu’il doit lui-même se dégager une marge à la revente et porter le risque de stockage. L’avantage : rapidité et simplicité d’une transaction unique. L’inconvénient : la valeur récupérée est faible.
Option 3 : garder le stock « au cas où »
L’option du confort. Mais chaque mois qui passe ajoute un coût d’entreposage, un coût financier (immobilisation) et un risque d’obsolescence technique ou documentaire. Au bout de deux ou trois ans, la valeur résiduelle est souvent nulle, et il faudra quand même payer la destruction.
Option 4 : la marketplace d’économie circulaire type AGIGA
Compromis entre les deux précédentes. La valeur récupérée est supérieure à la revente distributeur, parce que le vendeur touche directement un acheteur final prêt à payer plus qu’un intermédiaire. Le délai est plus long (le composant doit trouver preneur), mais la plateforme travaille à votre place en gardant la stocklist active. Coût caché évité : vous n’avez pas à monter votre propre canal commercial de revente d’excédents.
L’avantage compétitif concret d’AGIGA tient à sa spécialisation. Un grossiste généraliste ne saura pas valoriser correctement un lot de connecteurs militaires ou de MCU automobile — AGIGA, oui, parce que ses acheteurs cherchent précisément ces références.
Rejoindre AGIGA : étapes et conditions
L’adhésion suit un parcours classique de marketplace B2B, avec une vérification professionnelle à l’entrée. Voici le déroulé type.
1. Candidature initiale
Formulaire en ligne sur agiga.net. Les informations demandées couvrent l’identité juridique de l’entreprise (raison sociale, SIREN, adresse), son activité principale (EMS, OEM, distributeur, bureau d’études, autre), son interlocuteur référent et son besoin : vendre, acheter, ou les deux. Prévoyez d’avoir sous la main un extrait Kbis récent et une description de votre activité pour accélérer l’instruction.
2. Vérification d’éligibilité
L’équipe AGIGA contrôle que le demandeur est bien un acteur industriel du secteur électronique. Cette étape écarte les revendeurs opportunistes, les brokers non identifiés et les particuliers. Elle peut inclure un échange téléphonique pour qualifier le besoin et expliquer le fonctionnement.
3. Documentation à fournir
Les documents couramment demandés pour un dossier complet :
- Kbis de moins de 3 mois
- Attestation TVA intracommunautaire
- Pour un vendeur : première stocklist formatée (références, quantités, fiches techniques)
- Pour un acheteur : nature des besoins récurrents, volumes typiques
4. Activation du compte
Une fois le dossier validé, l’accès à la plateforme est ouvert. L’utilisateur peut consulter le catalogue, publier ses propres références en vente ou lancer des recherches. L’équipe AGIGA propose un accompagnement initial pour prendre en main l’outil : import des stocks, mise en forme des fiches, suivi des premières transactions.
5. Support continu
La petite taille de l’équipe (moins de 20 personnes) a un avantage : l’accompagnement est direct, humain, sans ticketing anonyme. L’inconvénient symétrique : la disponibilité dépend de la charge de l’équipe aux heures ouvrées françaises. Pour un industriel européen, c’est largement suffisant ; pour un besoin ponctuel urgent en dehors de ces horaires, prévoyez un délai de réponse.
Un dernier point avant de se lancer : préparez votre inventaire proprement avant même d’ouvrir le formulaire. Une stocklist bien structurée (références constructeur exactes, quantités précises, datecodes, documents de traçabilité disponibles) accélère tout — l’activation, la mise en ligne et surtout la vente effective. Un fichier bâclé reste des semaines sans acheteur. Un fichier propre part en quelques jours.