Tropical beach

Auraïa : la fusion des coopératives Terres du Sud et Vivadour

Auraïa est la nouvelle coopérative agricole née de la fusion entre Terres du Sud et Vivadour, officialisée le 1er juin 2026 après 18 mois de préparation. Le groupe fédère 9 000 agriculteurs-sociétaires, 1 915 collaborateurs et 40 sociétés, sur un territoire allant de Limoges au piémont pyrénéen.

Qui est Auraïa : origines et structure

Auraïa rassemble deux coopératives du Sud-Ouest aux ADN complémentaires : Terres du Sud, implantée dans le Lot-et-Garonne et orientée polyculture-élevage, et Vivadour, ancrée dans le Gers avec une forte culture céréalière et semencière. La fusion a été préparée pendant un an et demi, en concertation avec les adhérents, avant son entrée en vigueur en juin 2026.

Le siège social se trouve à Estillac, en Lot-et-Garonne. Le rayonnement couvre l’axe Sud-Ouest français, de Limoges jusqu’au piémont pyrénéen, à proximité des bassins de consommation de Toulouse et Bordeaux. Statut juridique : coopérative agricole, propriété de ses sociétaires. L’ancrage territorial reste la pierre angulaire du modèle, avec un maillage de proximité préservé.

Pourquoi fusionner plutôt que rester indépendantes

Pourquoi fusionner plutôt que rester indépendantes

La question mérite d’être posée. Terres du Sud et Vivadour fonctionnaient toutes deux correctement. Mais la pression simultanée du changement climatique, de la volatilité des cours, du renouvellement des générations agricoles et de la concentration de la grande distribution rend la taille critique indispensable pour peser.

Les synergies concrètes attendues :

  • Mutualisation RH et support : fonctions achats, juridique, informatique, qualité partagées entre les 40 sociétés.
  • Force de négociation accrue face aux centrales d’achat et aux acheteurs industriels.
  • Investissements lourds rendus possibles (outils de transformation, numérique agricole, logistique).
  • Débouchés élargis pour les sociétaires de chaque coopérative d’origine, qui accèdent aux filières de l’autre.

Les activités principales d’Auraïa

Les activités principales d'Auraïa

Le groupe s’organise autour de 6 pôles d’activités : élevage, grandes cultures, légumes, semences, viticulture, jardineries et produits du terroir. Cette diversité est un atout dans un contexte où mono-filière rime avec exposition au risque.

Côté volaille, Auraïa est un leader régional avec une production de l’ordre de 22 millions de têtes par an. L’intégration verticale va de l’accouvage jusqu’à la commercialisation, en passant par l’alimentation animale et la transformation. Sur le végétal, le groupe développe aussi des protéines texturées, du haché végétal et des alternatives végétales destinées à la restauration collective et aux professionnels des menus responsables.

Les partenariats avec distributeurs, grossistes et clients professionnels structurent les débouchés. L’intégration verticale production-distribution permet de capter la valeur tout au long de la chaîne, plutôt que de la laisser filer vers l’aval.

Gouvernance et leadership d’Auraïa

Auraïa fonctionne sur un modèle de gouvernance à deux têtes qui reflète l’union des deux coopératives fondatrices. La présidence du conseil d’administration est assurée par Florent Estebenet, la direction générale par Sylvain Théon. Le conseil réunit 22 administrateurs élus par les sociétaires.

Ce schéma préserve l’équilibre entre les deux entités d’origine et évite qu’une partie des adhérents se sente lésée. Les décisions stratégiques passent par le vote coopératif : un agriculteur, une voix. Les sociétaires restent au cœur du processus, à la fois propriétaires et bénéficiaires des services du groupe.

Cap 2030 et ambitions stratégiques

Le cap stratégique est fixé à 2030. Auraïa vise un positionnement de leader coopératif agroalimentaire du Sud-Ouest, avec un équilibre revendiqué entre productions végétales et animales. Trois axes structurent cette trajectoire :

  1. Durabilité : pratiques agronomiques bas carbone, économie d’eau, transition énergétique des outils industriels.
  2. Services renforcés aux exploitants : conseil agronomique, appui à la diversification, accompagnement économique, solutions de financement.
  3. Adaptation aux attentes de consommation : montée des menus sains, végétalisation partielle, traçabilité renforcée.

Écosystème et partenariats

Auraïa fédère un écosystème coopératif plus large que ses seuls adhérents. Entreprises agroalimentaires régionales, distributeurs, artisans transformateurs, collectivités territoriales : chacun trouve une place dans les projets de filières. Les collectivités, en particulier, sont des interlocutrices clés sur les sujets de restauration collective, d’aménagement rural et de développement économique local.

Cette logique multi-stakeholders dépasse le modèle coopératif classique recentré sur ses seuls sociétaires. Elle vise à ancrer durablement la valeur créée dans les territoires d’origine, plutôt que de la voir remonter vers des sièges parisiens ou étrangers.

Services et offres pour les agriculteurs

Pour l’agriculteur-sociétaire, la fusion se traduit par un panier de services élargi : accès à l’expertise agronomique des deux ex-coopératives, débouchés commerciaux plus nombreux (une filière canard gras du Gers accessible à un éleveur bovin lot-et-garonnais, par exemple), outils de financement renforcés, formations techniques et commerciales.

Le vrai bénéfice se mesurera sur la rémunération. Un critère simple pour juger la réussite de la fusion d’ici 2028 : le prix payé producteur a-t-il progressé par rapport aux moyennes départementales d’avant 2026 ? Si oui, le pari est gagné. Sinon, le modèle devra se réinterroger.

L’engagement territorial et social d’Auraïa

Les valeurs coopératives revendiquées — collectif, proximité, utilité — ne sont pas des mots-valises si elles se traduisent en décisions concrètes : maintien des sites, embauches locales, soutien aux installations de jeunes agriculteurs. Auraïa affiche la volonté de créer des métiers porteurs de sens, dans des bassins ruraux souvent fragilisés par la désindustrialisation.

Côté environnemental, les enjeux sont lourds : réduction des intrants, gestion de l’eau sur un Sud-Ouest de plus en plus sec, décarbonation des outils industriels. Ces chantiers détermineront la capacité du groupe à conserver sa licence sociale d’opérer dans les années à venir.

Questions fréquentes

Quand Auraïa a-t-elle été créée et pourquoi ?

Auraïa est née le 1er juin 2026 de la fusion entre les coopératives Terres du Sud et Vivadour, après 18 mois de préparation. L’objectif : regrouper 9 000 agriculteurs pour créer un acteur agroalimentaire plus solide dans le Sud-Ouest, de Limoges aux Pyrénées.

Combien de salariés et de structures compte Auraïa ?

Le groupe réunit 1 915 collaborateurs répartis dans 40 sociétés. Cette architecture multi-entités préserve l’autonomie opérationnelle locale tout en créant une synergie de groupe sur les fonctions support et la stratégie.

Quels sont les principaux produits d’Auraïa ?

Volailles de chair (environ 22 millions de têtes/an, position de leader régional), céréales, semences, légumes, viticulture, produits du terroir, protéines texturées et alternatives végétales à destination des professionnels et de la restauration collective.

Comment fonctionne la gouvernance d’Auraïa ?

Une gouvernance à deux têtes : Florent Estebenet préside le conseil d’administration (22 administrateurs élus), Sylvain Théon assure la direction générale. Ce binôme reflète l’équilibre entre les deux coopératives fondatrices.

Où est basée Auraïa et où opère-t-elle ?

Le siège social est à Estillac, en Lot-et-Garonne (47310). Le groupe opère sur l’axe Sud-Ouest français, de Limoges au piémont pyrénéen, à proximité des bassins de consommation de Toulouse et Bordeaux.

Photo of author

Claire Avela

Claire est la plume et le cœur d’Agaïa. Passionnée de gastronomie vivante, de potager nourricier et d’art de vivre sain, elle explore chaque jour les liens profonds entre la terre, l’assiette et le bien-être.

Laisser un commentaire